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Vaincre les préjugés

Bonjour à vous qui lisez ce témoignage,

Après réflexion, j’ai décidé de faire ce témoignage pour une raison bien précise… les préjugés.
Un jour, j’ai demandé à une travailleuse sociale réputée ce qu’elle pensait de notre projet d’adopter deux enfants de 7 ans et plus de Colombie.
Sa réponse fut catégorique et nous a déstabilisés, puisque nous n’attendions pas une réponse de ce genre. Elle nous a regardé comme des extraterrestres et nous a dit d’oublier çà.

Selon son expérience, basée sur des données d’autres pays, notre projet était tout simplement voué à l’échec. Nous disant que nous n’étions pas conscients de ce que nous faisions et dans quoi on s’embarquait. En résumé, elle nous disait clairement que c’était une cause désespérée et que je n’étais pas Mère Térésa.

Pour une première approche, disons que ça s’annonçait plutôt mal !!!

Après s’être informé sur la préparation des enfants à Los Chiquitines, on s’est dit que les grands avaient autant besoin de parents et de nouveaux frères et soeurs et que ce n’était sûrement pas à cause de l’incompréhension d’une seule personne, même si cette personne était une référence en matière d’adoption, que nous allions nous décourager.

Les enfants avaient besoin de parents et nous les parents, on voulait offrir un foyer à des enfants.

C’est alors que nous avons commencé à nous préparer, mon mari, mes filles biologiques et moi, à recevoir deux grands garçons de 9 ans en provenance de la Colombie. La travailleuse sociale que nous avons rencontrée et avec qui nous avons fait tous les rapports progrès était une perle et croyait à notre projet. En ce qui concerne quelques membres de la famille élargie, l’incompréhension a refait surface et a causé quelques mauvaises réactions. Nous avons été déçu par ces réactions, mais on s’est dit que c’était leur problème et non le nôtre, puisque nous, on avait hâte de retrouver nos deux garçons qui nous attendaient avec impatience.

Le voyage arriva enfin, et nous pouvions enfin retrouver nos enfants. La famille était désormais unie.

De retour au Canada, il a fallu s’adapter. Les vacances étant terminées, les règles de la maison, l’école, enfin la routine reprenait sa place. Les enfants se sont très bien adaptés. C’est incroyable, tout le chemin parcouru. Nous avons travaillé fort pour reconstruire après le « tremblement de terre ». Je dis « tremblement de terre » puisque l’arrivée de deux enfants de 9 ans dans une famille qui en a déjà deux, ça bouge même si on se dit bien préparé. Les enfants arrivent avec leurs bagages et ce qu’il y a dans les valises n’est pas toujours agréable à découvrir. Il faut du temps afin de comprendre les raisons du pourquoi et du comment. Le « tremblement de terre », pour lequel on s’était bien préparé, est là et nous devons composer avec.

Ayant les deux pieds bien ancrés, notre « pont » était à toute épreuve. Il y a eu beaucoup d’ouragans, d’orages et de tempêtes. Il y a eu également beaucoup de beaux temps. Avec les années, nous avons réussi à faire traverser les enfants sur « notre pont ». La confiance s’est établie, et l’amour est apparu.

Nous avons réalisé notre adoption en 2003. Aujourd’hui, en 2007, quatre ans plus tard je suis assise devant mon ordinateur à écrire ce récit et je suis heureuse de pouvoir vous le raconter. Mes garçons sont les meilleurs garçons au monde et mes filles également. Tout ce beau monde partage à chaque jour. Parfois, nous avons de bonnes discussions et c’est ainsi que chacun grandit. Nous sommes une famille très unie les uns envers les autres et nous sommes tous heureux de vivre ensemble.

La seule tristesse que je ressens, c’est quand je pense à des futurs familles qui se laissent décourager parce que quelqu’un, quelque part leur dit « mission impossible, les grands, c’est trop de problèmes ». Je dis à ces familles de faire attention à l’opinion des autres et de demeurer fidèle à eux-mêmes.

Mes garçons me disent régulièrement qu’ils sont heureux et reconnaissants parce que leur rêve s’est réalisé et leurs prières ont été entendues!

Je crois que je n’ai pas besoin de vous dire que si c’était à recommencer, et bien nous serions encore fidèles à nous-mêmes et le choix serait le même.

Lynda

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